Sanxia, mon amour…

Si l’automne commence à pointer doucement son nez, bien long fût l’été à Taiwan cette année. Il y a peu encore, le soleil écrasait de ses rayons aussi bien la campagne que les artères des grandes villes taiwanaises. Lumière éblouissante, vents chauds, humidité ambiante était le lot quotidien de chacun des habitants de l’île, hormis peut-être les rares chanceux qui résident en altitude, là où le climat se veut généralement plus clément.

C’est pourtant dans ce contexte étouffant que je décidais d’aller parcourir les rues de Sanxia, commune devenue aujourd’hui arrondissement du Nouveau Taipei.

La rivière Sanxia traverse la ville du même nom
La rivière Sanxia traverse la ville du même nom

Taipei n’a pas toujours été la ville la plus importante de Taiwan. Ce repositionnement au centre des activités administratives et économiques de l’île, l’actuelle capitale taiwanaise le doit à l’arrivée du KMT après 1945 et encore plus après la retraite complète depuis le continent du gouvernement nationaliste chinois. Il n’en a pas toujours été ainsi. Bien avant cela, et même avant la période de colonisation japonaise (1895-1945), d’autres villes jouaient un rôle central dans les activités de Taiwan. C’est notamment le cas de cette commune de Sanxia qui s’est longtemps positionnée comme l’une des agglomérations les plus importantes du nord de l’île.

Selon les données historiques, les immigrés chinois ont commencé à s’y installer vers la fin du XVIIème siècle. Non sans difficulté puisque la région était le domaine de la tribu aborigène des Atayals. Pendant longtemps, Chinois et Atayals se sont opposés les uns aux autres à l’occasion de conflits qui ont fini par repousser la tribu aborigène plus loin dans les montagnes.
Durant les décennies qui suivront, de nouvelles populations d’immigrés du continent viendront s’y installer à leur tour et c’est en 1765-1767 (les dates diffèrent selon les documents) que le temple Chang Fu Yan de Sanxia voit le jour, devenant le coeur de cette commune alors en pleine expansion.

Coeur de la cité car c’est là que se sont développées les rues commerçantes de cette commune qui prendra véritablement le nom de Sanxia durant la période de colonisation japonaise. Aujourd’hui, après plusieurs périodes de restauration dont une très récente, l’ancienne rue commerçante Minquan a retrouvé son lustre d’antan. L’architecture d’origine des bâtiments a été entièrement respectée, soit des maisonnettes mitoyennes de briques rouges à un ou deux niveaux.

Outre cette restauration respectueuse des bâtiments d’origine, les commerçants mettent un point d’honneur à proposer des produits traditionnels ou régionaux. Bien sûr, difficile d’échapper aussi aux salons de thé ou de café, les magasins de souvenir, mais on rencontre également des vendeurs de chaussures, de produits locaux…

Mais quoi d’autre encore ? D’un point de vue culinaire, il y a suffisament d’échoppes pour se remplir le ventre mais vous remarquerez bien vite que la spécialité locale n’est autre que le poulet fermier au riz. Enfin, plutôt le bol de riz avec quelques miettes de blanc de poulet ou un peu plus si vous avez de la chance. Niveau culturel, si on fait l’impasse sur le côté « retour aux sources », Sanxia est la demeure du talentueux artiste Li Mei-shu (1902-1983), certainement l’un des artistes les plus talentueux de Taiwan. Après suivi des études d’art au Japon, Li Mei-shu développe ses techniques à Sanxia, ville qui s’est vue offrir un véritable portait au travers de ses peintures à l’huile. Mais son talent ne se limite à l’usage d’huile, il est un précurseur des notions de 3D dans la peinture et sa maîtrise a fini par accoucher sur un réalisme saisissant. Li Mei-shu a également versé dans la sculpture et il a par ailleurs supervisé la rénovation du temple Chang Fu Yan. Les reliefs représentant les espèces d’oiseaux que l’on rencontre à Sanxia font partie des oeuvres de Li Mei-shu.

Sanxia présente d’autres traits particuliers de culture. La chouette, rapace nocturne, est l’un des symboles protecteurs de la ville. Il n’est donc pas rare de la voir représentée en sculpture, en peinture, ou même en couture sur des vêtements.

Autre trait culturel particulier de Sanxia, la toupie. Oui. La toupie. La toupie à l’ancienne. Devant un temple de la rue Minquan, c’est toute une association de pratiquants qui se donne presque en représentation avec des gestuelles parfois très spectaculaires. Pas besoin d’explications, le tout en images sera mieux. En tout cas, le public est conquis !

 Bon… je crois que c’est ainsi que nous terminons cette balade aujourd’hui. J’espère que vous avez passé un bon moment tout comme moi.

Au revoir !
Au revoir !

Une petite galerie de photos pour terminer tout ça.

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