Le Yilan International Children’s Folklore and Folkgame Festival

Article rédigé et illustré par Chloé Duval, accompagnée sur place par Sandrine Riondet

Le Yilan International Children’s Folklore and Folkgame Festival (宜蘭國際童玩藝術節) a connu de belles et de creuses années depuis sa création en 1996, mais une chose est certaine : ses organisateurs ont œuvré de leur mieux pour qu’il soit l’occasion pour les enfants autant de s’amuser que d’apprendre.

child in the world

Le festival se tient depuis le 5 juillet et se clôturera le 24 août 2014. Pour s’y rendre depuis Taipei, il suffit de prendre un train ou un bus jusqu’à la station de Luodong (羅東車站), à une heure environ de la capitale, et de prendre une navette jusqu’au Dongshan River Water Park (冬山河親水公園). Comme son nom l’indique, c’est d’abord un parc aquatique dont les bassins sont à la taille des enfants et qui offre des espaces ombragés où se trouvent tables et chaises pour passer un bon moment en famille.

parc aquatique

Avec pour objectif de faire découvrir aux jeunes Taïwanais et leurs familles de nouvelles cultures, le festival a invité près de 262 groupes de musique traditionnelle de 86 pays en quinze éditions. En 2014, vingt-trois troupes d’adultes et d’enfants étaient présentes : d’Inde, du Japon, de Corée, de Lituanie, de Palestine, des Philippines, de Russie, de Thaïlande, de Turquie, d’Ukraine, de Bulgarie, d’Indonésie, du Mexique, du Péru, de Tunisie… et de Tahiti.

Je m’attarde sur Tahiti car le groupe Tara Ura s’est représenté deux fois lorsque je m’y suis rendue en compagnie de Sandrine Riondet, mercredi 6 août. Un spectacle de quarante minutes qui donnent le sourire, comme l’ont les trois danseurs qui se donnent à fond sur la scène en compagnie des six musiciens. Un spectacle qui donne aussi envie de courir prendre un avion pour visiter la plus grande île de la Polynésie française, Tahiti. Mais plutôt que de vous le décrire comme dans l’émission que j’ai consacrée à ce sujet, je vous laisse découvrir par vous-mêmes des extraits de leur spectacle.

A passer deux heures dans leur loge, on en a appris beaucoup sur le groupe Tara Ura, à commencer par le fait qu’il ne s’est formé que pour participer à ce festival : en effet, les musiciens sont issus de différents groupes de musique à Tahiti. S’ils ont accepté de participer au festival, c’est d’abord parce que leurs groupes respectifs ne se sont pas présentés aux concours de la grande fête traditionnelle du Heiva qui a lieu chaque mois de juillet, un événement qu’ils décrivent avec des étoiles dans les yeux. Comme ils ont la musique « dans leur sang », il leur a suffit d’un mois de répétition pour préparer le spectacle qu’ils ont joué six jours par semaine pendant un mois et demi. Parmi les musiciens, il y avait d’ailleurs une famille : le chef de la délégation et couturier des costumes, Michel, était accompagné de son frère professeur de musique, Deli, et des deux fils de ce dernier. Leur famille est issue des îles Sous-le-Vent et c’était d’ailleurs grâce à la danse que leur mère était parvenue à partir pour Tahiti (qui appartient aux îles du Vent). Il faut le dire : on a (re)vu notre géographie avec eux.

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Pour tous les membres du groupe, c’était la première fois qu’ils quittaient Tahiti pour une si longue période mais le choc n’a pas été culturel, il a été d’ordre climatologique : la chaleur à Taiwan. A tel point qu’ils nous ont parlé de la rivière où ils se rendent souvent lors de leur jour de repos comme d’un lieu presque magique ! Toutefois, ils ont précisé qu’ils préfèrent ça à une région froide comme la Corée du Sud où ils s’étaient rendus deux ans auparavant au mois d’octobre, car danser en « titi coco » tenait alors de l’impossible !

Ils nous ont également raconté qu’ils mangent énormément ici à Taiwan, car les assiettes sont toujours nombreuses à l’université où ils sont logés, et ce, dès le petit déjeuner ! Ils n’ont pas encore goûté le « tofu puant » mais n’en sont pas effrayés car ils ont un plat de poisson cru fermenté dans de l’eau de « fafaru » (un mélange d’eau de mer et de chevrettes pressées) qui, avec son odeur de « fosses septiques » ferait fuir tous les taïwanais selon eux !

Sur le festival, le groupe Tara Ura nous a dit beaucoup de bien, que ce soit dans l’accueil, la prise en charge, l’organisation de visite, la présence permanente de personnes pour les aider, et d’un étudiant interprète. Car Michel avait insisté pour qu’il leur soit permis de parler français sur le festival, car bien qu’on les ait surtout entendu parler leur jolie langue tahitienne entre eux, cela lui tenait à cœur de faire comprendre que Tahiti fait partie de la France.

C’est avec émotion que Deli nous a également confié qu’ils n’oublieront jamais leur expérience et que le départ sera difficile car ils ont « tissé des liens » autant avec les responsables taïwanais du festival qu’avec les autres délégations étrangères qu’ils ont croisées. Et quand j’ai demandé si Tahiti leur manquait, ils ne m’ont parlé que de leur poisson cru et des noix de coco sèches !

Il ne vous reste plus qu’à vous rendre au festival Yilan International Children’s Folklore and Folkgame Festival pour découvrir par vous-mêmes de nombreux groupes du monde entier, ou à défaut, regarder le groupe Tara Ura en images.

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