Quand l’art et la nature font face à l’urbanisation (suite)

Article rédigé et illustré par Clara Liechtensteger.

Je vous propose de poursuivre aujourd’hui dans Couleur Taiwan et sur le blog la visite de l’usine désaffectée de Nangang reconvertie en ce moment en grande galerie d’art. Et cette fois, nous nous intéressons au travail de l’équipe de volontaires.

Comment donner une forme artistique à des revendications ?

L’art est une arme de poids car elle n’utilise ni la force ni la violence de manière directe. L’équipe de volontaires de l’usine Nangang a donc souhaité réaliser une exposition pour toucher sensibiliser les visiteurs et créer une réflexion autour de la sauvegarde du patrimoine culturel et artistique de la ville.

tn_1Voici le concept de l’exposition :

« Bière, musique, une exposition d’art très modeste dans un monde marqué par l’opulence et la déficience. Célébrons une vie remplie de gaspillage mais nous ne gaspillons pas notre temps en créant de la valeur à chaque objet jeté, chaque lieu abandonné. Pour chérir notre terre, il faut se satisfaire de la pauvreté, venez participez à notre modeste exposition »

L’exposition s’intitule « Nuages déracinés », une belle métaphore qui traduit le sentiment des volontaires de l’usine Nangang. Ils l’expriment : ils se sentent coupé de leur passé, de leurs racines.

L’œuvre d’art majeure de l’exposition est entièrement réalisée par la responsable de l’équipe de volontaires : Rebecca Lin. Avec l’aide de nombreux bénévoles, elle a récolté une centaine de panneaux de noms de rues, de bâtiments et de photos de lieux qui ont été détruits, qui ont complètement disparu de la carte de Taipei.

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 Pour aller plus loin, elle dénonce le pouvoir des promoteurs immobiliers. Ces promoteurs vendent du rêve, un rêve où l’homme et l’urbanisation formeraient une unité mais il n’en est rien. Bien au contraire, Rebecca Lin souhaite dénoncer l’action de ces promoteurs qui répondent à une logique économique au détriment de l’aspect social.

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Un second espace est réservé à des artistes féminines car une des volontés de la fondatrice Rebecca Lin, est de montrer que les femmes de cette société sont fortes et qu’elles ont du pouvoir. Chose faite avec l’artiste Chueh Chiao-han, une jeune fille de 20 ans seulement qui réalise des tableaux à la peinture avec une grande maturité. Dans ses œuvres, elle retranscrit les maux de la société taiwanaise. Elle nous décrit un de ses tableaux : la représentation d’une jeune mariée plongée dans le noir, une façon de rendre compte de la situation à taiwan quant à la question du mariage. Pour l’artiste, la pression sociale autour du mariage est grande, et beaucoup de jeunes filles se retrouvent dans l’incertitude dès leur plus jeune âge : incertitude quand à leur avenir si elle ne trouve pas de mari, incertitude quand à leur mariage.

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Et voici quelques clichés bonus sur cette exposition si vous n’avez pas l’occasion d’aller y faire un tour:

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Une réflexion sur “Quand l’art et la nature font face à l’urbanisation (suite)

  1. Abdelilah Boubchir

    trés beaux et oui c’est le monde des beaux arts ..un monde magnifique .

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