Le métabolisme remodélise sans cesse nos villes

Aujourd’hui, je vous propose une petite exploration métaboliste en images à la demande de notre chère auditrice Danielle Villon suite à un numéro de l’art du temps qui était consacré au sujet. Si vous vous demandez de quoi il s’agit, et bien c’est tout simplement un courant architectural majeur qui trouve ses origines au Japon suite à la seconde guerre mondiale dans les années 60. Une rétrospective très complète est présentée en ce moment à la galerie d’exposition ‘URS21 Chung Shan Creative Hub’ dédiée à l’architecture à Taipei jusqu’au 3 novembre. Il s’agit d’ailleurs du premier voyage à l’étranger de cette exposition de 2011 exposée tout d’abord au Japon au célèbre Musée Mori Art.

Pour ma part, je vous ai ramené quelques photos de l’expo pour vous présenter quelques modèles de ce courant…

Exposition à Taipei sur le courant du métabolisme. C'est en ce moment et elle vaut le coup d'oeil!

Exposition à Taipei sur le courant du métabolisme. C’est en ce moment et elle vaut le coup d’oeil!

Le mouvement métaboliste compte beaucoup d’héritiers et trouve sa concrétisation de nos jours encore dans la conceptualisation de nombreux complexes urbains dans les grandes villes du monde y incluant Taipei.

Les hôtels capsules, ça vous dit quelque chose ? Il s’agit très certainement de l’option la moins chère pour vous chers Messieurs, qui sont de passage à Tokyo. (Et oui, on déplore le fait que ces petites chambres ne sont pas ouvertes à la gente féminine !) La première bâtisse du genre est l’emblématique Nakagin Capsule Tower building inaugurée en 1972 de la patte de l’architecte Kurokawa Kisho spécialisé dans la recherche d’un concept révolutionnaire à l époque : le préfabriqué de hauteur moyenne sur des ossatures en béton armé. Un véritable symbole grandeur nature du métabolisme qui a pris la forme d’habitations urbaines sous la forme de capsules détachables tels des légos. Si la Nagasin tower servait de chambre d’hôtel à des hommes d’affaires en voyage à son inauguration, sa reproduction à travers la méga-cité la plus peuplée au monde (37 millions d’habitants) sert désormais d’habitation à un grand nombre de Tokyoïtes en manque de ressources financières.

Le métabolisme a été développé à ses débuts dans le but proposer un nouveau modèle de développement des villes qui évolueraient en symbiose avec les sociétés et offriraient aux hommes ‘un nouveau futur’. Les adjectifs ‘malléable’, ‘interchangeable’ et ‘adaptable’ étaient donc au cœur du courant architectural pour redéfinir des villes dites ‘durables’.

En 1960, dans un pays ravagé par la bombe d’Hiroshima, la reconstruction était le mode d’ordre afin de redonner un nouvel élan de confiance en la vie aux nippons et pour laquelle les architectes métabolistes ont joué un rôle majeur. Ils pensaient qu’en créant des villes idéales, cela donnerait naissance à des communautés meilleures. Ils imaginèrent des villes s’élevant dans les cieux, des ponts piétonniers aériens liant les immeubles et les hommes entre eux, des espaces verts aménagés au rez de chaussée, des villes flottantes… autant de projets audacieux également jugés irréalisables au vu des technologies de l’époque. Cependant, l’avènement des nouvelles technologies a permis depuis de donner le jour à certains rêves nourris par les métabolistes des années 60 :

Projet: Baie de Tokyo/1960

Projet: Baie de Tokyo/1960

Des architectes contemporains héritiers du métabolisme sont à l’œuvre pas plus loin de chez nous qu’à l’aéroport de Taoyuan, l’aéroport international de Taipei. Maki, architecte japonais venu donner une conférence à Taipei dans le cadre de l’exposition a présenté le design de la ‘Gate of Taipei, ‘Porte de Taipei’, une mégastructure basée sur la construction de deux gratte ciels qui doit accueillir le terminus de la ligne de métro qui desservira l aéroport international d ici 2016-2017. Isozaki également venu à Taipei présenter ses travaux n’est autre que le responsable de la conception de plusieurs centres des arts et centres culturels en Chine, tel que celui du musée des arts contemporains de Pékin, le centre culturel de Shenzhen ou encore le centre himalayen de Shanghai.

Et Toyo Ito, vous savez, le japonais qui a décroché le Prix Pritzker, soit le prix le plus prestigieux qui soit en architecture, il n’est autre que l’un des personnages clés de ce courant et a suivi cette influence. Il était l’homme derrière le stade national des sports de la ville de Kaohsiung pour l’organisation des jeux mondiaux en 2009 qui est alimenté principalement à l’énergie solaire. Et oui, le métabolisme a ajouté l’adjectif ‘environnemental’ à sa définition des ‘villes durables’.

Stade omnisport de Kaoshiung par Toyo Ito

Stade omnisports de Kaoshiung par Toyo Ito

De nos jours, une personne sur deux vit en ville, et chaque année le monde compte 60 millions de nouveaux citadins. D’ici 2050, 6,3 milliards de personnes habiteront en zones urbaines, représentant 70% de la population mondiale. Il s’agit donc de renverser les structures des villes désordonnées, qui construisent de nouvelles habitations sur d’anciennes bases, offrant un schéma hétéroclite sans s’inscrire dans un modèle d ensemble, laissant à l’abandon certains quartiers, marqué par des cycles de démolitions désordonnés, et n’incluant pas le citadin dans une ville pensée comme un schéma global intégrant tout le monde. La ville n’est cependant pas figée, elle ne peut pas l’être par nature à partir du moment où elle est habitée par les hommes qui ne ne cessent de revoir leur mode de développement. La ville doit donc évoluer avec l homme et en ce sens, le courant métaboliste est aussi novateur et adapté de nos jours qu’à ses débuts dans les années 60 !

 Et si vous êtes à Taipei, je vous conseille chaleureusement d’aller visiter cette exposition!!!

Adresse: Numéro 21, Section 1, Minsheng East Road, Taipei City. Ouvert de mardi à samedi de 10 heures à 18 heures.

Expo ouverte jusqu’au 3 novembre

Publicités
Catégories : Emissions, Pour le plaisir | Étiquettes : , , , , , , , , , , , | 6 Commentaires

Navigation des articles

6 réflexions sur “Le métabolisme remodélise sans cesse nos villes

  1. Merci pour cet aperçu ! J’ai lu ton article ce matin sans faire attention à l’adresse de l’expo, et je suis passé en bus devant ! J’ai reconnu l’affiche 🙂

    J’irai y faire un tour la semaine prochaine, merci du conseil !

  2. Merci Aurélie. Vous me donnez le goût de chercher la documentation de l’exposition

  3. Roselyne

    Excellent article !
    Je regrette de ne pas être à Taipei.
    Amitiés

  4. d...illon

    Un mouvement très intéressant : merci Aurélie pour ces photos et ces explications.

  5. hélène

    excellent article!!!!!!!!

  6. antonin

    mouvement très intéressent et super article.
    bien joué

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Créez un site Web ou un blog gratuitement sur WordPress.com.