Secrets de Radio : un dernier regard vers Tainan

Toujours dans notre rubrique dédiée aux différents sites émetteurs de Radio Taiwan International, nous vous proposons de vous emmener cette fois-ci à la découverte des antennes de Tainan, ville du sud-ouest de Taiwan. Certains d’entre vous diront peut-être : « On y est déjà allé, non ? ». C’est vrai, nous y avons déjà fait un tour et c’était dans cet article.
Cette fois-ci, la situation est différente puisque, comme vous le savez certainement, le site de Tainan va fermer ses portes d’ici la fin de l’année.

"Nocturne" des antennes de Tainan
« Nocturne » des antennes de Tainan

L’affaire est récente. Il y a tout juste quelques jours, j’épluchais la presse locale et quelques articles couchés sur papier par des confrères d’autres médias. Parmi toutes ces dépêches, l’une d’entre elles a provoqué un tressautement de paupière – la droite, la gauche, je ne sais plus – puisqu’elle parlait de Radio Taiwan International.

« – Tiens … on parle de nous là  »

L’article en question abordait une critique à l’égard du représentant de Taiwan aux Etats-Unis, Eric King, un personnage proche de Ma Ying-jeou et que certains soupçonnent comme étant un peu trop pro-Chine. Apparemment, les députés américains s’inquiètent de la fermeture de deux de nos sites émetteurs, ceux de Tainan et de Huwei ( je vous en ai parlé il n’y pas longtemps). Pourquoi cette inquiétude ? Et bien figurez-vous, je vous le donne en mille, une radio financée par Falungung, ‘Sound of Hope’ a quelques-uns de ses programmes qui sont diffusés via certaines de nos antennes et cette même radio s’inquiète qu’avec cette double-fermeture, et bien, leurs émissions passeront à la trappe. Les députés américains ont fait part de cette remarque et ce dernier n’aurait pas contacté RTI pour faire part de la situation. Alors dans l’idée, on comprend que Falungung s’inquiète de cela et pense que cette fermeture est une manœuvre pro-chinoise puisqu’on sait bien cette secte est fort mal acceptée en Chine, c’est le moins que l’on puisse dire. Je suppose qu’ils parlaient plutôt de l’émetteur de Huwei puisque sur les deux fermetures, c’est le seul site qui diffusait vers la Chine – vous vous souvenez ? ces histoires de guerre des ondes …
Bref. Peut-être que personne n’a dit que le signal de Huwei est désormais assumé par l’émetteur de Danshui … En tous cas, il n’est pas question de pro-chine ou de chose de ce genre. Les fermetures sont avant liées à des histoires de sous et de projets de développement économique. Voilà pour la page actualités.

Le développement économique, c’est justement ce qui a fini par avoir raison du site émetteur de Tainan, l’endroit où nous vous emmenons aujourd’hui (oui Aurélie se joint à moi pour vous raconter cette histoire).

Aurélie reçoit un accueil digne de la meilleure employée du mois
Aurélie reçoit un accueil digne de la meilleure employée du mois

Aaah Tainan. C’est le premier des sites émetteurs que j’ai visité et à bien des égards, j’en garde une certaine nostalgie comme pour le site de Huwei. Mais c’est finalement le seul point commun entre ces deux endroits qui sont fondamentalement opposés l’un à l’autre. Huwei diffusait vers la Chine et dépendait à ses origines du gouvernement et du département de la Défense. Tainan appartenait au KMT, donc ses programmes étaient destinés au reste du monde…

Le site depuis les anciens marécages aujourd'hui asséchés
Le site depuis les anciens marécages aujourd’hui asséchés

Si les antennes de Tainan ne sont pas les plus hautes parmi les émetteurs de RTI, c’est en revanche le site d’émission le plus important de toute l’Asie de l’Est. Avec son réseau permettant de diffuser à 360°, il faut un bon bout de temps pour en faire le tour à pied. Ne serait-ce de l’entrée principale jusqu’au principaux locaux, il faut bien compter une petite dizaine de minutes.
Comme on peut l’observer sur la maquette du site présentée dans le musée de la radio, la route mène jusqu’aux bureaux en longeant d’abord plusieurs habitations qui servaient à loger des employés de la radio où à recevoir des invités qui venaient y passer la nuit. Les bureaux sont eux situés en plein centre du réseau d’antennes qui forme une sorte de large cercle tout autour.

La maquette du site de Tainan
La maquette du site de Tainan

L’objectif de notre visite concernait le projet photo que nous préparons pour les 85 ans de RTI – eh oui nous devrions exposer des portraits alors si vous êtes à Taipei début août, vous êtes les bienvenus – et notre venue coïncidait justement avec une période de maintenance des antennes. Une excellente occasion pour nous d’observer nos collègues ingénieurs au travail. Cette fois-ci, ils devaient remettre en état la toile de câbles servant à bloquer la propagation arrière des ondes. Une réparation assez fréquente mais nécessaire pour éviter une perturbation dans le voisinage (genre au niveau des réceptions télévisuelles et téléphoniques).

Un ingénieur commence l'ascension des 75m d'une antenne
Un ingénieur commence l’ascension des 75m d’une antenne

Les travaux étaient organisés en plusieurs parties. Tout d’abord une phase de préparation qui consiste à installer une sorte de balançoire pouvant être à la fois déplacée sur la hauteur et sur la largeur. L’opération demandait à deux ingénieurs de grimper au sommet de pylônes pour y fixer les premiers câbles. A 75m du sol, il faut déjà avoir le cœur accroché, même si d’après les premières impressions recueillies par Aurélie : « c’est cool. On peut voir les montagnes d’un côté et la mer de l’autre« , nos deux collègues de sang aborigène ne sont pas plus impressionnés que ça (par Aurélie ?). Enfin, il parait que les aborigènes n’ont pas de problème de vertige.
Je ne sais pas, mais si c’est vrai, alors c’est sûr, je ne suis pas aborigène.

La première étape consiste à tirer le câble qui supportera la balançoire
La première étape consiste à tirer le câble qui supportera la balançoire

Mais remettons les pieds sur terre. Après cette première opération qui a pris toute une après-midi quand même, la deuxième s’est poursuivie le lendemain. Un des ingénieurs a pris place sur la balançoire et il était parti pour une envolée dans les cieux digne d’un film d’action chinois. Le tout sous les regards de ses collègues – la plupart pas envieux de sa situation – qui contrôlaient les machine et opérations en bas. Finalement, les travaux ont été largement ralentis par un orage et de la pluie. On se doute qu’il n’est pas conseillé de jouer aux acrobates en temps d’orage. C’est également le cas quand : il pleut, il y a trop de vent, il y a de la rosée parce que ça glisse…

L'ascension sur la balançoire est toujours un moment épique
L’ascension sur la balançoire est toujours un moment épique

Huwei a entamé ses travaux de fermeture. De ce qu’on nous a dit récemment, ceux qui ne partent en retraite trouveront une place à Tainan jusqu’à la fermeture de ce second site prévue pour la fin de l’année. Et après ? Bonne question… Pour ceux de Tainan, la plupart partiront en retraite après bien des années de services rendus à RTI. Quant aux autres… c’est toujours en discussion.
Les émissions de Tainan seront quant à elles récupérées par le site de Baozhong une fois que celui-ci sera opérationnel.
Bien sûr, ce projet de fermeture n’est pas nouveau puisque cela a déjà été discuté en 2004 au sein du comité de présidence de RTI. Cela fait également très longtemps que le gouvernement local de Tainan souhaite récupérer ce site pour des raisons de développement économique. Au moins une vingtaine d’années parait-il.
Entre l’année dernière et cette année, de nombreux travaux d’aménagement ont été effectués autour de l’émetteur.

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3 réflexions sur “Secrets de Radio : un dernier regard vers Tainan

  1. monplot jean marie

    Etant passionné de radio et de technique d’antenne car je suis radioamateur avec l’indicatif F5NLX je suis toujours interessé par les sujets techniques des stations , les émetteurs et aussi bien sur les antennes. Très bon article et très interessant , j’aimerais bien voir des photos des émetteurs si cela est possible
    Amitiés à toute la rédaction et encore merci pour votre fidékité vis à vis des auditeurs
    bisous
    mr Monplot jean marie de Chambéry

    1. Merci pour vos encouragements et ravi que ces articles vous plaisent. Pour ce qui est de photos de boitiers émetteurs, nous allons voir ce qu’il est possible d’obtenir, ce n’est pas toujours évident d’avoir des photos réussies à cause du manque de lumière. Parfois, les boitiers sont tout simplement fermés. Je crois que le plus intéressant reste l’émetteur japonais de Minhsiung. C’est un modèle d’origine qui fonctionne toujours même s’il est préservé pour le musée. On ne trouve plus les pièces mais c’est véritablement une belle machine. Je penserai à photographier cela la prochaine fois que je descends à Minhsiung.

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