Une idole n’a pas le droit de disparaître

C’est certainement l’idée que respecte la grande actrice de l’opéra taiwanais Yang Li-hua qui, à l’âge de 68 ans, vient de réaliser le plus grand spectacle de sa carrière et s’est engagée à ne pas quitter la scène pour ses fans. Son amour pour cet art et ses fans est tel qu’elle a tourné ce spectacle à perte. L’investissement était tel que même les 22 000 entrées en deux jours pour un billet allant jusqu’à 8 000 dollars taiwanais (environ 210 € ou 275 USD) n’ont pas suffi à rentabiliser cette production.

Yang Li-hua, personnage ineffaçable de la transmission de l’opéra taiwanais.

Yang Li-hua, personnage ineffaçable de la transmission de l’opéra taiwanais.

Pour une actrice qui est monté sur les planches dès l’âge de 3 ans, Yang Li-hua a pour contribution majeure d’avoir généralisé cette forme d’art. Sa troupe a emmené cet opéra à la radio et surtout à la télévision dans les années 60-70 alors que le monde de l’opéra taiwanais manquait du soutien public qui n’encourageait pas l’usage du dialecte taiwanais. A travers ces médias, les pièces d’opéra sont devenues des feuilletons qui ont passionné des centaines de milliers de Taiwanais. Elle est d’ailleurs restée sur les écrans taiwanais jusqu’aux années 90. Yang Li-hua a gagné le surnom de l’empereur de l’opéra taiwanais grâce à ses rôles héroiques masculins. Son regard, ses gestes si beaux et sa voix grave l’ont rendu célèbre surtout chez de nombreux fans féminins.

68 ans et toujours habile pour les scènes de combat

68 ans et toujours habile pour les scènes de combat

Costume réalisé entièrement à la main pour Hsue Ting-shan (Yang Li-hua) et Fan Li-hua(Chen Ya-lan). Le costume de Hsue Ting-shan pèse plus de 30 kg. (crédit: UDN)

Costume réalisé entièrement à la main pour Hsue Ting-shan (Yang Li-hua) et Fan Li-hua(Chen Ya-lan). Le costume de Hsue Ting-shan pèse plus de 30 kg. (crédit: UDN)

Après une absence de 5 années, le week-end dernier Yang Li-hua est revenue sur le devant de la scène pour présenter la pièce « Hsue Ting-shan et Fan Li-hua » à Taipei Arena, le plus grand stade actuel de Taipei qui sert parfois à des événements culturels. C’est non seulement la première fois qu’une pièce d’opéra taiwanais était jouée dans ce lieu, et en plus, Yang Li-hua a fait venir plus d’une centaine d’acteurs sur scène en même temps. Le décor qui est d’une envergure historique a exigé plus d’un mois d’installations. Yang Li-hua elle même a changé 11 costumes pendant ce spectacle de 2h30. Pour un passage de la pièce où le général Hsue Ting-shan se retrouve capturé par surprise, elle a même été suspendue dans les airs à une hauteur de 4 étages. La production de cette pièce a exigé un investissement de plus de 45 millions de dollars taiwanais (environ 1,18millions d’euros ou 1,52 millions de dollars américains). Pour Yang Li-hua, cet investissement vaut le coût aussi longtemps qu’il démontre la finesse et le côté artistique de l’opéra taiwanais tout en soulignant ses racines qui puisent dans les valeurs de loyauté, piété filiale et droiture.

Robe dorée pour saluer le public à la fin du spectacle (crédit: UDN)

Robe dorée pour saluer le public à la fin du spectacle (crédit: UDN)

photo 4 UDN

4 étages de haut

Parmi les 22 000 spectacteurs qui ont assisté à cette pièce, on a aperçu l’ancien Président de la République, Lee Teng-hui, l’actuel Vice-Président Wu Den-yih ainsi que de nombreuses personnalités du monde politique et des arts.

Petit bonus: voici une vidéo présentant un reportage télévisé sur ce spectacle.

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Catégories : Actualité, Taïwan | 3 Commentaires

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3 réflexions sur “Une idole n’a pas le droit de disparaître

  1. naghmouchi nouari

    tissu extra bounab6@yahoo.fr

  2. aurelie

    Ahlala… Un reportage en taiwanais! Et je réalise ainsi que je ne suis pas encore tout à fait Taiwanaise 😉 même si j’ai toujours beaucoup admiré le jeu des acteurs d’opéra taiwanais. Les sublimes défilés de couleurs tant pour le maquillage que pour les costumes me scotchent devant les scènes de spectacles devant les temples de campagnes, me faisant souvent oublier que je ne peux suivre le fil de l’histoire décliné en taiwanais…

  3. Valérie

    C’est vraiment l’amour de l’art qui joue là!

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