La Linsanity – Linmania, c’est déjà fini ?

« Linsanity », c’est le jeu de mot construit sur le nom de famille du basketteur américain d’origine taiwanaise Jeremy Lin pour désigner l’incroyable histoire que ce dernier a vécu dans le courant du mois de février dernier. Joueur inconnu du grand public, sans contrat garanti, le jeune joueur diplômé de Harvard était devenu le centre d’intérêt des médias après quelques performances de haute volée, menant son équipe NBA, les Knicks de New York, sur 7 victoires consécutives en l’absence des stars habituelles, Carmelo Anthony et Amar’e Stoudemire.

Mike D'Antoni (gauche), Jeremy Lin (centre) et Carmelo Anthony (droite), une histoire plus complexe qu'il n'y parait ...

Lundi soir, après avoir perdu 99 – 104 contre les Bulls de Chicago, les Knicks en sont à 6 défaites de rang. La magie de Jeremy Lin s’est-elle éteinte ?

Voilà un moment que ce jeune joueur, dans sa deuxième année professionnelle, ne produit des performances aussi percutantes que celles démontrées maintes fois lors du mois de février. Les Knicks, qui avaient repris des couleurs, sont retombés dans une crise, avec un coach (Mike D’Antoni) une nouvelle fois sur la sellette, et des joueurs complètement dans le doute.

La « Linsanity » qui ressemblait plutôt au conte de fée de Cendrillon a perdu de sa force. Aujourd’hui, les médias ne parlent plus trop de Jeremy Lin, sauf peut-être encore à Taiwan. Cela dit, il est plus question de marketing que des performances sportives à proprement parlé du joueur.

A propos, sachez que des équipementiers ont sorti des T-shirts, des maillots floqués du numéro 17 et du nom de Jeremy Lin. De même, certains éditeurs sans scrupule ont permis la publication d’une biographie de Jeremy Lin, chose que ce dernier n’a pas personnellement autorisée. Même des bouquins – genre Les 10 conseils clés pour devenir un excellent gestionnaire – se basant sur l’exemple de Jeremy Lin, ont trouvé place dans les rayons. Allons donc.

La biographie non-autorisée déjà vendue dans les librairies taiwanaises

Que s’est-il passé ?

Tout d’abord, il est évident que l’effet de surprise est déjà passé. Sur les parquets, le joueur est clairement attendu et on ne lui fait plus de cadeau, en témoigne le nombre de fois où il se retrouve par terre lorsqu’il s’approche trop près du panier. Les équipes adverses ont compris que pour le mettre hors du coup, il suffisait de lui imposer une pression défensive importante. Pour l’instant, ça marche. Jeremy Lin perd des ballons, marque beaucoup moins (~14pts/ match), son pourcentage aux tirs a pris un coup, passe également moins bien.

Ce qui alimente les débats actuellement, c’est que cette méforme, qui frappe également toute l’équipe, coïncide plus ou moins avec le retour des 2 superstars, Anthony et Stoudemire, absentes des terrains lors de la Linsanity. L’équipe gagnait encore après le retour de Stoudemire, mais depuis celui de Anthony, c’est seulement 2 victoires pour 10 défaites. A Taiwan, la majorité des gens, qu’ils s’y connaissent ou pas en basket, sont convaincus que le problème, c’est surtout Anthony.

Mais les chiffres sont là pour leur donner du crédit à leurs propos :

Carmelo Anthony a un pourcentage au tir de 40%, soit le plus faible pourcentage de sa carrière. Malgré cette faible réussite, il reste sur une tendance à vouloir conduire le jeu et continuer à prendre une majorité des tirs, une vingtaine par match. En gros, il souhaite que le jue passe par lui, comme cela a toujours été le cas pour lui auparavant. Sauf qu’aujourd’hui, les Knicks dispose d’une palette offensive beaucoup plus diversifiée que fût un temps avec Stoudemire, Lin, Novak, Davis, Chandler, Fields ou Shumpert …

Toujours sur les chiffres, selon le New York Times, on note que les Knicks ont un ratio de 97,7pts/100 possessions lorsque Anthony est sur le parquet. C’est 109,8pts/100 possessions lorsqu’il est sur le banc. Avec lui, le jeu perd en fluidité et surtout en efficacité.

 Mais on ne peut mettre tous les problèmes sur les épaules de Anthony

Personnellement, si le retour de Carmelo Anthony affecte la façon de jouer de l’équipe, il n’y est pour rien dans la méforme de Lin. Je perçois surtout une baisse de régime chez ce dernier, un coup de barre physique après les nombreux matches enchainés où il était clairement en surrégime. (il tournait en moyenne à 40 minutes de jeu par match).

Ensuite, je crois que son jeu est encore trop stéréotypé. Peut-être par manque de confiance suite à ces échecs répétés, Jeremy Lin cherche trop à se reposer sur les systèmes qui semblent fonctionner. Sauf que ça ne fonctionne qu’un temps…

 Conclusion

Aujourd’hui, l’équipe des Knicks a perdu ce jeu enthousiaste qu’elle avait lors de la série des 7 victoires. Le ressort semble cassé et le retour de Anthony, qui tient à concentrer le jeu sur lui n’arrange rien. Il reste que la Linsanity s’est éteinte, mais il y a de bonnes raisons de croire que les fans n’en voudront pas à Jeremy Lin, mais plutôt à Carmelo Anthony, dont le transfert aux Knicks l’an passé avait couté 4 joueurs du rooster, un contrat de 65 millions US$ et quelques picks de draft. Pour l’instant, il est loin d’avoir montré ce qu’il sait faire, son bilan étant de 25 victoires pour 34 défaites depuis qu’il est aux Knicks.

Ainsi, plus que d’une méforme de Jeremy Lin, c’est plutôt le couac Anthony qui est pointé du doigt du côté des Etats-Unis.

La date limite des transferts, c’est le 15 mars. Mais difficile de croire que quelque chose bougera d’ici là pour les Knicks.

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17 réflexions sur “La Linsanity – Linmania, c’est déjà fini ?

    1. Il n’a tiré que 4 fois, donc ça va. 6 passes décisives en 20 minutes, c’est plutôt bien aussi. Par contre 6 balles perdues, c’est un problème. Pour les points, l’équipe dispose de nombreuses options offensives en dehors de lui.

  1. Une bonne performance de Jeremy Lin de 13 points dans une victoire de New York contre les pistons de Detroit 101-79!Mais avec le temps Jeremy devient de plus en plus un joueur ordinaire!De votre commentateur sportif officiel!

    1. C’est vrai que c’est mal engagée cette affaire. Au début, on parlait de quelques jours, puis quelques semaines. Maintenant, on table sur 6 semaines. Si les Knicks restent sur la 8ème place de la conférence est, ils prendront les Bulls au premier tour des playoffs. J’ai du mal à croire qu’ils passeront. S’ils passent, Jeremy pourrait être prêt pour le second tour.

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