Jamais sans mon deux-roues …

Taiwan, c’est le pays du cycle. Une île qui produit des vélos de grande marque – Giant – ainsi que de nombreuses pièces détachées qui approvisionnent le monde entier. Oui, c’est un peu le paradis de la petite reine.
Sauf que tout cela, c’est un gros mensonge. Oui, certes, on produit tout cela à Taiwan. Mais en réalité, ce n’est rien comparé aux deux-roues motorisés qui inondent les rues, les avenues, les chemins de campagne jusqu’à ceux des montagnes. Aujourd’hui, difficile de passer à côté de ce type de véhicule, certainement le plus important en terme de quantité sur l’île de beauté.

Que le feu soit rouge ou vert, peu importe, il y aura toujours un deux-roues près de vous.  Qui a parlé de chaleur humaine ?
Que le feu soit rouge ou vert, peu importe, il y aura toujours un deux-roues près de vous. Qui a parlé de chaleur humaine ?

Qu’ils soient de 50, 75, 100cm cubes ou plus, les deux-roues sont aujourd’hui partout à Taiwan. Difficile effectivement de se promener sans en croiser un sur la route, garé légalement/illégalement le long d’un trottoir. Ce véhicule, icône représentative du désormais célèbre « côté pratique » de la vie taiwanaise s’est introduit dans la vie de la plupart des familles taiwanaises.

Le pire, c'est que certains s'y mettent dès leur plus jeune âge.

Sachez quand même qu’aujourd’hui, on compte plus de 14 millions d’unités en circulation, pour un peu plus de 23 millions d’habitants. Enfin, tout cela, c’est de la théorie, ce qui reviendrait à dire que 60% des taiwanais sont propriétaires d’un deux-roues. C’est énorme, bien que dans le lot, il faut compter un nombre non-négligeable d’épaves qui sont abandonnées au sort que leur réserve Dame Nature : la morte par rouille.

Une 125cm3 à l'ancienne

D’après Meg Wang, qui ne conduit ni scooter, ni autres petites cylindrées, il faut remonter en 1913 pour trouver le premier deux-roues à Taiwan. C’est donc durant l’époque de la colonisation japonaise et on se doute bien que les heureux propriétaires de ces véhicules sont aussi nippons que leurs motos.
L’histoire raconte en effet, qu’un beau jour de 1913, nos heureux propriétaires venus du Soleil-Levant aurait rallié Yangmingshan et Hsinchu en l’espace de 5 heures. Ce qui à vrai dire, est une jolie performance si on considère qu’à l’époque, les infrastructures n’étaient pas aussi bonnes que celles d’aujourd’hui. (Quoique, je m’avance peut-être un peu trop, j’ai en effet une excellente expérience en terme de nid-de-poule). Aujourd’hui, une telle distance est faisable en 3 heures environ. Mais bon, aujourd’hui, on a aussi les feux rouges.

Les routes taiwanaises sont pleines de surprises. De quoi en rire plus tard avec vos amis. Enfin, bien sûr, si vous n'êtes pas tombé dedans !

Pour ce qui est de l’histoire de la motocyclette à Taiwan, les Japonais y sont donc pour beaucoup. Durant cette période de 50 années de colonisation, les Japonais importent leurs véhicules depuis l’archipel nippon. Et puis, plus tard, bien après le retrait, Taiwan et le Japon continueront à commercer sur ce marché. Suzuki, Yamaha et Honda produisent des deux-roues qui sont destinées aux Taiwanais. Des filiales locales verront également le jour. Certaines se sont émancipées depuis, comme par exemple le constructeur Kymco qui, créé en 1963, sous-traitait alors pour le japonais Honda. Par la suite, Kymco a développé ses propres produits et est devenu autonome à partir du milieu des années 1990. Aujourd’hui, c’est l’une des marques incontournables du deux-roues « Made in Taiwan », produisant toute sorte de véhicule, cela allant du scooter 50cm3 à des engins bien plus performants comme des quatre-roues tout-terrain de 400cm3. D’ailleurs, demandez à votre postier la marque de sa pétrolette, il y a de fortes chances pour qu’elle soit Kymco, puisque depuis 2011, la Poste équipe ses facteurs de motos et scooters de la marque en question.

Et oui, plus jeune, votre fidèle serviteur s'est aussi essayé aux joies du quatre-roues. Enfin ... c'est rigolo un temps...

Une autre marque taiwanaise joue la concurrence, c’est Sanyang ou SYM, une marque qui a connu le même destin que Kymco, travaillant également en coopération avec le géant Honda dès le début des années 1960. C’est également une marque incontournable à Taiwan et qui possède des parts importantes du constructeur automobile Hyundai. (sans crainte : prononcez comme ça s’écrit)

Moi aussi je suis tombé dans cette folie locale du deux-roues, même si aujourd'hui, je roule bien moins que fût un temps ...

Bien sûr, on trouve aussi toutes les autres marques bien connues, chacune ayant connu son heure de gloire. Eh oui, la mode, ça va ça vient. Ainsi, on croise aussi des Vespa (dans les années 80, c’était la folie), des Yamaha, des AEON et d’autres marques locales aujourd’hui défuntes. De même, depuis quelques années, le gouvernement est devenu plus souple quant à législation sur les grosses cylindrées. Interdites sur les routes il y a peu de temps encore, les >500cm3 importées de l’étranger sont aujourd’hui les bienvenues sur le marché local, quoique toujours vendues à des prix assez prohibitifs en raison de lourdes taxes à l’import… eh oui que voulez-vous, on protège son marché comme on peut hein ! (quel marché local d’ailleurs ? Taiwan produit de bonnes grosses cylindrées ?)

Le motocross est une discipline qui fait de plus en plus d'adeptes à Taiwan
Roule roule !
Saute saute !!!
Envole-toi !!!

Parallèlement, on trouve également un marché destiné au motocross. Quelques compétitions officielles ont lieu de temps à autre à Taoyuan ou encore Pingtung. Mais la plupart du temps, les pilotes locaux s’essayent aux pistes et chemins de montagne. Il n’est pas rare de croiser des groupes de motards chevronnés …

Un groupe de motocross à Pingtung. La législation est très souple vis à vis de ce genre de pratique

Toutefois, des scooters et autres deux-roues, il y a en beaucoup trop à Taiwan. Pas toujours aux normes, parfois très pollueurs, ces moyens de transports se sont rendus indispensable aux yeux d’une grande partie de la population. Certains n’hésitent pas à chevaucher leur fidèle destrier pour faire leur marché sans même poser une fois les deux pieds parterre !  Un tantinet pénible pour le promeneur qui préfère user la gomme de ses chaussures.

Et puis tiens, puisqu’on en parle… tout cela, c’est une plaie pour les photographes de rue. Aujourd’hui, il est quasiment impossible de prendre une photo de rue sans avoir un scooter dessus … Comme dirait Hubert Kilian, le scooter tue la photo.

Bon sang, mais ils sont partout ! Même jusque dans les cours de temple !

Au final … je ne sais plus ce que je voulais dire. Zut … Bon ! En tous cas, retenez que le scooter ou le deux-roues c’est bien, mais avec modération, ça serait encore mieux.

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16 réflexions sur “Jamais sans mon deux-roues …

  1. aurelie

    Et bien moi, je trouve tout aussi difficile de prendre une photo à Taiwan sans fil électrique apparent (preuve en est sur la photo également)!

  2. Daniel Beaulne

    Si on enlève les cocotiers et on les remplaçent par des sapins et des bancs de neige,ça ressemble au Québec…beau reportage sur l`omniprésence de la moto à Taiwan(au Québec,en plus des motos,il y a les quads(quatre-roues) et les motoneiges).

  3. euh … jamais sans ma pelle ? 😉
    J’ai beau aimer ça la moto, parfois c’est un peu trop
    Un matin, je sortirais pour shooter cette incroyable cohue de scooters qui partent au travail. Difficile à croire tant qu’on ne l’a pas vue. Même les regles de circulation changent durant cette tranche horaire. Tiens ça me motive à faire un article là !

  4. Paggy et Maggy

    Je suis de votre avis à tous les deux, impossible de prendre une photo sans moto ou une toile de fils électriques…. Que feraient les techniciens et ingénieurs de ERDF ???

    1. Je pense qu’ils prendraient peur devant cette quantité phénoménale de fils qui vont et viennent entre les poteaux et sur les murs. Je suppose que souvent, personne ne sait quel fil sert à quoi ?
      D’la déco j’vous dis !

      1. Fix

        Il eût été facile de dire que le CD de sauvegarde de mes photos (parmi lesquelles celle tant demandée) s’est perdu dans le déménagement… et pourtant!

  5. Roselyne

    c’est vrai qu’en arrivant à Taiwan pour la première fois, on est sidéré par l’omniprésence du 2 roues motorisé et du moyen de transport que certains en font. Que ce soit le nombre de personnes ou le volume de marchandises tranportées par un même engin cela quelquefois défie les lois de la gravité.

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