La fête des pétards, une tradition qui ne part pas en fumée (鹽水蜂)

Si vous vous retrouvez à Yanshui le 15ème soir de la nouvelle année lunaire (lundi dernier), cela ne peut être dû au hasard. Que vous soyez simple curieux de passage ou habitant des environs, votre présence ici vous colle l’étiquette de ‘tête brûlée’ à la peau, et les tirs de pétards se chargeront dans un instant de vous en donner l’apparence…

Explosion d’une armoire à pétards sur la foule

Yanshui ’鹽水’, petit arrondissement de la supermunicipalité de Tainan situé au Sud-Ouest de Taiwan connaît une renaissance au nouveau signe du zodiac chinois chaque année des plus retentissantes. Sur la place publique trône un gigantesque dragon volant en fibre de verre de 6 mètres de haut et de 10 mètres de long, suspendu dans les airs par une grue. Ce n’est pas son apparence mais plutôt la composition de sa chair qui inspire un mélange de terreur et d’excitation qui se propage parmi la foule venue admirer ou plutôt ‘ressentir’ l’édifice. Elle tremble déjà à l’idée que dans quelques instants celui-ci explosera en fumée par le jaillissement de 500 000 tirs de pétards, dont les gerbes lumineuses termineront leur course dans les airs et… sur la foule.

La lumière éphémère d’un gigantesque feu d’artifice lève un instant l’ombre sur l’étrange accoutrement de la population de ce soir à Yanshui. Vêtus de longues capes de pluies, de serviettes humides autour du cou et de casques moto, le cortège se déplace de ruelles en ruelles plus enfumées les unes que les autres pour rejoindre l’un des multiples attroupements réunis autour d’étagères recouvertes de plaques de bois. Votre instinct ne vous trompe pas, un coup d’oeil furtif à l’intérieur de ces structures révèle des dizaines de rangées de pétards prêts à exploser en un vrombissement assourdissant aux décibels bien plus élevés que l’oreille humaine ne peut le supporter.

Têtes brûlées, mais avec modération…

Le coup de feu lancé, la foule s’entousiasme en frappant du pied et crie au frottement d’une fusée qui l’a touché, car nul ne peut prédire la direction prise par les milliers de pétards. La célébration de la fêtre traditionnelle vous laissera en tous cas un souvenir impérissable que ‘les gens de Yanshui sont fous, fous, fous’ (si vous m’autorisez l’expression) que les pétards fusent de partout, que tout un chacun peut y lancer une belle bleue ou une belle rouge, qu’on y perd quelques cheveux, qu’on y gagne des trous dans ses habits noircis à la fumée, qu’on y laisse ses tympans pour les jours à venir, mais c’est le prix à payer pour réaliser que….il n’y a pas de doute, on se sent bien vivant !

Armoire à pétards prête à exploser

Et les têtes qui sont un peu plus brûlées que les autres poussent l’expérience au bout de la nuit en courrant sur la foule tenant au bout de leurs bras des pétards alignés sur un fil. Gare à celui ou celle qui se fera attraper au lasso et qui partira en fumée avec les pétards en un craquement d’allumette ‘fatal’ pour une expérience encore plus ‘vibrante’ du festival.

Des heures durant la fête se poursuit et les plus téméraires sont encore là à trois heures du matin pour admirer un énième feu d’artifice au milieu des milliers de gaines de plastiques rouges des pétards qui jonchent le sol de la ville, tel un tapis doré qui pavera la voie de la nouvelle année lunaire qui débute à peine.

 Cette curieuse tradition a vu le jour une journée de 1875 alors que…  (suite au prochain article)

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7 réflexions sur “La fête des pétards, une tradition qui ne part pas en fumée (鹽水蜂)

    1. Certains ont perdu l’ouïe, d’autres la vue, voire de vue leur enfants. D’autres encore y perdent de l’argent, la raison, l’amitié, la santé.
      C’est fou ce qu’un festival de pétards peut avoir comme effet ! 🙂
      Je crois que notre journaliste a eu des soucis aux oreilles quelques jours.

  1. Roselyne

    Quelle inconscience pour certains. Un peu fadas comme on dirait ici en Provence. Mais l’excitation est telle que les gens ne pensent plus au danger.

  2. aurelie

    On est pris dans une telle effervescence en effet que c’est une fois rentré chez soi qu’on réalise que nos habits sont troués, qu’on entend plus le son de fond de la télé allumée, et qu’on a des bleus partout… Mais que ça valait le coup! En tous cas, pour cette année… Mais personnellement, je n’y suis allée qu’une seule fois 🙂

    1. aurelie

      Certains ou certaines, effectivement oui. Mais heureusement, ça repousse 🙂 et ne repousse pas en revanche les participants à être de sortie lors de la fête des pétards de Yanshui année après année.

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