Escapade nocturne au red district de Taipei

La semaine dernière, dans l’émission « l’Art du Temps », nous étions partis en ballade dans les ruelles sombres du quartier des bars à filles de la capitale, Linshen Bei Lu. Ce coin très central de la capitale aux ruelles étroites et sinueuses est un des lieux de prédilection de Hubert Kilian sur le plan de la photo. Nous l’avions accompagné un bout de chemin dans sa quête photographique dictée par la photo de rue noir et blanc. Hubert, vous l’aurez reconnu, est l’un de vos animateurs sur les ondes de la radio. Lorsque le journaliste politique de Asie-Pacifique s’adonne à sa passion photographique dont il dit qu’elle répond ‘à une respiration spirituelle’, c’est ici, entre autres quartiers, qu’il aime déclencher.

Quand le photographe se prête au jeu/ photo aurélie

Hôtels, bars, karaokés aux enseignes lumineuses éclairées au néon et aux noms aguichants et évocateurs en mandarin font office d’un éclairage public quasi-inexistant… mais aussi motels proposant des réductions pour deux ou trois heures de ‘repos’; somptueux mélange de couleurs criardes et du goût bon marché. Linshen Beilu prend vie vers 9h du soir et regroupe un petit monde agrémenté de « personnes qui y travaillent, qui viennent consommer ou rôder », tel que nous le décrit Hubert. Elles sont en talons aux hauteurs improbables. Ils sont hommes d’affaires en costard-cravate. Ils sont vendeurs de noix de bétels. Ils sont marchands ou encore restaurateurs… Ils se côtoient, presque mine de rien, pour former la mosaïque qui peuple et anime la vie nocturne de ce quartier. Les petits restaurants de rue implantés aux coins des ruelles voient cette population de Linshen défiler et prendre tour-à-tour place sur un tabouret pour un bol de soupe aux nouilles à deux francs six sous. Il suffit donc de faire de même, de prendre place sous un auvent dans la rue, pour que ce monde se dévoile à notre regard.

Tel un oiseau gambade sur la surface d’un lac / Photo de Hubert Kilian

C’est justement là, dans la rue, que Hubert Kilian prend plaisir à vagabonder à la recherche de nouvelles perspectives photographiques, là où tout est évoqué, suggéré et non montré, exhibé. Cet angle d’approche surprend et en fait une de ses particularités car la plupart des photographes choisissent de montrer ‘l’envers du décor’ en poussant la porte des maisons closes aux noms évocateurs. Hubert, quant à lui, se cantonne à la vie de la rue et ses photos ont l’art de retraduire visuellement l’atmosphère très particulière de ce quartier, ce qui fait la force de ses clichés.

« C’est un quartier fascinant. Même si je le connais bien pour le arpenter chaque mois depuis voilà presque quatre ans, je retrouve toujours l’émotion photographique de ma première ballade. On croit connaître un coin par coeur, mais non, il y a toujours quelque chose à découvrir, un nouvel angle, une nouvelle facette qui se découvre. Linshen offre des perspectives photographiques que je ne retrouve pas ailleurs », nous dit Hubert.

C’est l’occasion de vous donner un aperçu en images de quelques clichés de Linshen Bei Lu dont il nous a parlé au cours de l’émission qui lui était consacrée:

Photo de Hubert Kilian
Photo de Hubert Kilian

 

[/caption]

Une sélection d’une vingtaine des clichés de Hubert pris dans différents quartiers de la capitale ont été mis à l’honneur lors d’une exposition photo en décembre dernier à Viewing Lounge Ostendo, la première expo d’une nouvelle galerie d’art ouverte près de l’avenue Renai à taipei par une française, Karine Pénot, qui cherche à promouvoir de jeunes artistes de talent. Nous aurons l’occasion de la rencontrer dans un autre volet de l’émission « l’Art du Temps » très prochainement.

Voici le lien du compte Flickr de Hubert Kilian où vous pouvez visionner des clichés du photographe :

http://www.flickr.com/photos/taipeiterminus/

"C'est toujours par scène que je réagis et non par détails" , dit Hubert
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8 réflexions sur “Escapade nocturne au red district de Taipei

  1. Je suis la galerie de Hubert depuis un bon moment (et je suivais son blog avant !), et j’adore ses photos, quel que soit le format utilisé.

    Concernant la galerie d’art dont il est question à la fin de l’article, j’ai été très déçu d’apprendre que ce n’était pas une galerie publique, et qu’il fallait donc être une sorte de VIP pour s’y rendre. Je n’appelle pas ça « promouvoir de jeunes artistes de talent », mais j’espère que cette galerie sera libre d’accès bientôt…

    1. Si seulement il n’en avait que deux … 🙂
      Il m’arrive de faire des safaris photos dans les rues taïwanaises avec Hubert. C’est tout un arsenal ! Je le dis et pourtant je n’en manque pas non plus … uhuhuh !

  2. aurelie

    Pierre, la galerie Viewing Lounge Ostendo de Karine Penot est ouverte au public du mardi au vendredi de 9h du matin à 5h de l’après-midi, et le samedi de 2h à 5h de l’après-midi. Ne pas hésiter à lui laisser un message sur son mail si on souhaite passer en dehors de ces horaires. Elle est très contente de faire une visite guidée.
    kp@ostendoprojects.com

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